Sommet du G8 : Paroles, paroles, paroles ?
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Le Premier ministre japonais, Yasuo Fukuda, a déclaré en début de matinée que le G8 avait la volonté de délivrer un « message fort » aux pays en développement, dont beaucoup se situent sur le continent africain. Peu avant l’ouverture des débats au Japon, José Manuel Barroso, le président de la Commission de l’Union Européenne (UE), a évoqué la possibilité de créer un fonds d’1 milliard d’euros, destiné à subventionner le secteur agricole dans les Pays En Développement (PED). Ce fond serait alimenté par des crédits et des sommes non utilisées par le budget européen, néanmoins, ce projet devra obtenir l’aval des 27 membres de l’Union avant de pouvoir être effectif.
Angela Merkel, la Chancelière allemande a, pour sa part, déclaré que le G8 « prendrait des mesures pour garantir l’alimentation mondiale. » Nicolas Sarkozy a, quant à lui, parlé de lever les restrictions aux exportations de denrées alimentaires imposées à l’Afrique par les pays développés. La crise alimentaire et la flambée des prix du pétrole sont en effet au centre des préoccupations : selon la Banque Mondiale, les prix alimentaires ont bondit de 83% en 3 ans. Au vu des retombées négatives dans les pays Occidentaux, on en imagine sans mal l’impact catastrophique sur les populations africaines.
Des paroles aux actes
Pour éviter l’écueil de 2005 et 2007, le continent africain espère que cette fois-ci, les pays riches joindront le geste à la parole. Les résultats sont souvent bien loin des attentes et des promesses faites lors des sommets internationaux. Parmi les pays riches, le Japon fait figure de bon élève, puisqu’il est un des rares parmi les 8 à avoir respecté ses engagements des années précédentes. Hôte des Grands pendant ce sommet, il pourrait donc être à même de donner une nouvelle impulsion à la réduction de la pauvreté et au développement de l’économie en Afrique et dans les autres pays démunis.
D’autant que les politiques d’Aide Publique au Développement (APD) ont déjà prouvé leur efficacité. La portion –congrue– des fonds consacrés au développement en Afrique a permis d’augmenter, par exemple, le nombre de malades du SIDA bénéficiant de traitements. Elle a aussi facilité, pour de nombreux pays africains, la mise en place de politiques sociales favorisant l’accès à l’éducation : en moins de 10 ans, la part d’enfants scolarisés a augmenté de 40%.
Ces efforts doivent donc être poursuivis, car les premiers résultats, s’ils sont prometteurs, sont largement insuffisants et tardent à venir. L’ONU a évalué, dans un rapport récent, que les objectifs prévus par les pays donateurs pour sortir l’Afrique de la pauvreté ne seraient atteints qu’en 2147…
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